horion [ 'ɔrjɔ̃ ] n. m.
• v. 1285; o. i., p.-ê. altér. de l'a. fr. oreillon « coup sur l'oreille »
♦ Généralt au plur. Coup violent. Donner, recevoir des horions.
horion
n. m. (Rare au Sing.) Vieilli, litt. Coup assené rudement à qqn.
⇒HORION, subst. masc.
Coup généralement violent. Assener, esquiver, essuyer des horions; s'allonger des horions; donner, recevoir maints horions; échanger force horions. Pendant trois ou quatre ans je ne passai guère de jour sans recevoir, à l'improviste, quelque horion qui ne me faisait pas toujours grand mal (SAND, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 452). Tricot a la lèvre fendue par un horion paternel et tellement enflée qu'il ne peut introduire la cuillère ordinaire, je lui prête une cuillère à café (FRAPIÉ, Maternelle, 1904, p. 270) :
• 1. ... tu ne saurais croire le rôle important que le bâton joue ici; on y distribue les horions avec une prodigalité sublime, le tout accompagné de cris, les plus couleur locale du monde.
FLAUB., Corresp., 1849, p. 114.
♦ P. méton. Marque laissée sur la peau par un coup. C'est un grand seigneur polonais, (...) aux trois quarts ruiné par suite des guerres de son pays, couvert de blessures et de horions, homme charmant et de bonne compagnie (FLAUB., Corresp., 1850, p. 271).
— P. métaph. Qu'en ces vils tribunaux, où le regard se heurte De Moreau de la Seine à Moreau de la Meurthe, La justice ait reçu d'horribles horions (HUGO, Châtim., 1853, p. 412). Il employait volontiers les horions moraux assénés en deux temps, comme fait le gladiateur exercé : celui qui ébranle, et celui qui abat (L. DAUDET, Sylla, 1922, p. 43) :
• 2. Dans Le Temps, les premiers horions (les plus mérités) de Paul Souday, je les reçus dès 1910 pour avoir écrit, en réponse à une enquête : « Que ce faux bonhomme de Renan nous ennuie! »
MAURIAC, Journal 3, 1940, p. 240.
Prononc. et Orth. : [] init. asp. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. Ca 1285 (A. DE LA HALLE, Robin et Marion, éd. E. Langlois, 326). Orig. incertaine (cf. FEW t. 1, p. 181b, note 7; BL.-W.1-5 et EWFS2); peut-être de l'a. fr. orillon « coup sur l'oreille » (v. oreillon) avec h expressif; néanmoins la réduction précoce de l mouillée à y pourrait s'expliquer — si l'on admet l'orig. pic. du mot (cf. a. pic. adaier composé de dallier ds FEW t. 15, 2, p. 52b, note 5). Fréq. abs. littér. : 32. Bbg. MUSTÓ (B.). L'Étymol. de fr. horion. Romania. 1968, t. 89, pp. 271-275. - SAIN. Sources t. 2 1972 [1925], p. 9; 209-210; 360.
horion ['ɔʀjɔ̃] n. m.
ÉTYM. V. 1285; orig. incert., p.-ê. altér. de l'anc. franç. orillon, oreillon « coup sur l'oreille » (de oreille), avec adjonction d'une aspiration initiale expressive; P. Guiraud préfère l'étymon lat. haurire « puiser, épuiser, transpercer » en fonction du sémantisme « coup (de vin, de lance); maladie qui frappe et épuise » attaché à horion dans ses premiers emplois.
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♦ Rare au sing. Coup violent. || Donner des horions à qqn. || Échanger des horions, force horions. || Attraper, recevoir des horions. || Fuir pour éviter les horions.
1 Je me fâchai, je voulus me battre; c'étoit ce que les petits coquins demandoient. Je battis, je fus battu. Mon pauvre cousin me soutenoit de son mieux; mais il étoit foible, d'un coup de poing on le renversoit. Alors je devenois furieux. Cependant, quoique j'attrapasse force horions, ce n'étoit pas à moi qu'on en vouloit (…)
Rousseau, les Confessions, I, p. 37.
2 (…) l'ardeur au combat de deux hommes aux fortes charpentes qui voient rouge et échangent de sauvages horions (…)
Louis Hémon, Battling Malone, II.
Encyclopédie Universelle. 2012.