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PIRATES
PIRATES

PIRATES

Est pirate sur mer celui qui s’empare pour son compte de personnes ou de biens, ou qui se livre à un acte de guerre, sans autorisation en bonne et due forme d’une puissance reconnue.

La piraterie est aussi ancienne que la navigation. Elle ne peut être définie, en effet, qu’en fonction des lois qu’elle enfreint. Une mer policée ne peut tolérer le pirate, pas plus que les États policés ne peuvent tolérer le bandit de grand chemin.

La mer étant difficile à surveiller, les pirates ont toujours existé. La Méditerranée en a connu de tout temps, les derniers étant les barbaresques qui, jusqu’au début du XIXe siècle, capturaient les bâtiments et rançonnaient les sujets des puissances qui refusaient de leur payer tribut. De même, pendant des siècles, les navires de Salé au Maroc effectuaient des raids dévastateurs contre le commerce maritime en Atlantique, jusqu’en mer du Nord, tout aussi démunis de commissions de guerre que ceux des barbaresques de la Méditerranée. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les pirates abondaient sur les côtes de l’Afrique et des Amériques, continents en cours d’exploration puis d’exploitation. Les esclaves noirs, qu’ils vendaient clandestinement au détriment des monopoles d’État, et les métaux précieux étaient les cargaisons les plus recherchées par les pirates.

Les châtiments réservés à ces derniers étaient exemplaires. Capturés, ils devaient être gardés à bord comme prisonniers et remis, afin d’être jugés, aux autorités judiciaires du pays dont relevait l’auteur de la capture. Chaque pays mettait un empressement particulier à s’assurer des personnes de ses propres nationaux devenus pirates. L’issue de tels procès était connue d’avance et les pirates n’avaient aucun intérêt à dévoiler, au cours des interrogatoires, leurs secrets ou leurs complices. Plutôt que d’être pris, ils préféraient donc se battre jusqu’à la mort. Justice expéditive était parfois faite au moment de la capture car, si le commandant capteur estimait ne pas pouvoir conduire ses prisonniers jusqu’à un port sans risques pour la sûreté de son bâtiment, il était en droit de les faire exécuter à bord en présence de l’équipage. Les procès de pirates ont donc été rares.

Le XVIIe siècle fut l’âge d’or des pirates dans l’océan Atlantique. Au XVIIIe siècle, ils étaient peu nombreux et pourchassés par les puissances maritimes. Les derniers à avoir atteint une certaine notoriété dans le golfe du Mexique furent les frères Lafitte et leur bande de baratarians (du nom de la baie Barataria dans le delta du Mississippi), corsaires français devenus flibustiers puis pirates au cours des guerres de l’époque napoléonienne, puis de celle d’indépendance des pays d’Amérique latine.

Pirates
(Côte des). V. Côte de la Trêve et émirats arabes unis.

Encyclopédie Universelle. 2012.