JOURDAIN (FRANCIS)
JOURDAIN FRANCIS (1876-1958)
Fils de l’architecte Frantz Jourdain, Francis Jourdain commence une carrière de peintre avant de s’intéresser aux arts décoratifs. Ses Ateliers modernes, créés en 1912, prennent une extension si rapide qu’il les complète après la guerre par une boutique, «Chez Francis Jourdain», où l’on trouve aussi bien des meubles, des tissus, des papiers peints, des céramiques. Les théories de Jourdain et ses recherches pour adapter réellement le mobilier aux besoins d’une clientèle populaire en font un précurseur. Le problème était d’une part de concevoir un mobilier, ou une absence de mobilier, en rapport avec l’exiguïté des appartements modernes, d’autre part d’obtenir des meubles qui soient réellement à bon marché grâce à l’industrialisation. Il est le premier à avoir insisté sur le fait que la fabrication mécanique de mobilier ne devait pas répéter les formes créées pour être exécutées à la main. Sa grande innovation fut d’inventer des éléments de base standards que l’on pouvait assembler de différentes manières, ce qui résolvait le problème du prix de revient et fournissait des solutions adaptables à chaque appartement. Ces recherches s’apparentent à celles de Djo Bourgeois qui, à la même époque, tente, en liaison avec les architectes, d’utiliser rationnellement les espaces, grâce à un mobilier de ligne extrêmement dépouillée. L’entreprise de Jourdain et de Bourgeois n’est pas étrangère à l’esprit qui anime les travaux du Bauhaus.
Francis Jourdain a, dans de nombreux écrits, pris position contre le fascisme, l’Allemagne nazie, la guerre d’Espagne. Il a publié en 1951 ses Mémoires, Né en 76 , qu’il reprendra en 1953 dans Sans remords ni rancune, souvenirs épars d’un vieil homme né en 76 .
Encyclopédie Universelle. 2012.